jeudi, 04.10.18 - Dakar Sénégal

Rencontres universitaires pour une mutualisation des stratégies sécuritaires en Afrique de l’Ouest

Partant de l'idée que les conflits armés sont de nos jours de plus en plus souvent menés au sein des États plutôt qu'entre eux, de nouveaux défis et menaces pour la sécurité sont apparus. Entre autres menaces pour la sécurité, le changement climatique, la rareté des ressources et les migrations menacent de plus en plus la cohésion sociale et la sécurité collective en Afrique subsaharienne. Afin d'approfondir ces questions et de développer des stratégies concertées pour contrer ces menaces, le bureau Paix et Sécurité Centre de Compétence Afrique Subsaharienne de la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES PSCC) et la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l'Université Cheikh Anta DIOP (UCAD) à Dakar ont organisé conjointement un atelier le 4 octobre 2018 sur le thème « Les nouvelles menaces à la sécurité collective : réflexions sur le Climat, les ressources naturelles, la migration comme sources d’insécurité ». Au cours de l'atelier, des étudiants de troisième cycle en relations internationales ont présenté leurs travaux de recherche axés, entre autres, sur les mécanismes et les leviers permettant de contrer les menaces à la sécurité découlant des migrations et du changement climatique.

  • De la gauche à la droite : Pr. Mamadou Yaya DIALLO (UCAD), Holger GRIMM (FES PSCC), Sophie NONNENMACHER (OIM) et Pr. Abdou Rahmane THIAM (UCAD)

Nous voyons une augmentation des nouvelles menaces à la sécurité dans le monde entier. Alors que la menace la plus importante pour la sécurité jusqu'au milieu du 20ème siècle provenait des guerres entre Etats, de nouvelles menaces pour la sécurité sont apparues avec le changement climatique, l'accès aux ressources et les migrations. Il est difficile d'évaluer dans quelle mesure ces facteurs mettront en danger la sécurité non seulement en Afrique, mais dans le monde entier. Cela tient également à l'imbrication des facteurs d'influence, car ils se renforcent mutuellement. Le changement climatique, par exemple, a déjà rendu certaines ressources comme l'eau potable rares dans quelques régions, ce qui peut à son tour exacerber le phénomène migratoire. L'Afrique est particulièrement touchée par le changement climatique en raison, par exemple, de pénuries d'eau et de longues périodes de sécheresse ou d'inondations.

Il est clair qu'aucun État ne pourra à lui seul contrer ces menaces et que des approches concertées sont nécessaires pour prévenir et atténuer les dommages causés aux populations, renforcer la résilience de la société et, idéalement, s'attaquer aux causes profondes du changement climatique. Par conséquent, FES PSCC, en collaboration avec l'UCAD, a organisé un atelier visant à développer des techniques et des mécanismes pour contrer ces menaces à la sécurité et à améliorer la collaboration entre les deux institutions. Dans le même ordre d'idées, l'atelier visait en outre à sensibiliser les étudiants aux questions de sécurité et à les inclure dans le processus politique de discussion et d'élaboration des contre-mesures. En outre, l'étude des solutions aux crises et aux conflits en Afrique de l'Ouest devait être démocratisée.

L'événement a été ouvert par des mots de bienvenue prononcés par Holger Grimm, directeur de FES PSCC, et Pr. Mamadou Yaya DIALLO, coordinateur du Master Etudes et Pratique des Relations Internationales. Ensuite, Sophie Nonnenmacher, Directrice adjoint de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) Sénégal, a exposé les menaces et les opportunités découlant de la migration et a présenté les activités de l'OIM en Afrique à l’audience. Par la suite, dix-huit étudiants de Master II en relations internationales ont présenté des exposés qu'ils avaient préalablement préparés en groupes. Sous l’encadrement du Pr. DIALLO, les étudiants ont développé les sujets suivants :

  • Changement climatique et terrorisme
  • Migration et Climat
  • Ressources naturelles et armes légères.
  • Organisations régionales face aux défis climatiques et migratoires.
  • L’assistance écoutant attentivement pendant les présentations

Ils ont présenté leurs conclusions à l'auditoire et ont particulièrement élaboré des recommandations sur la mise en œuvre de mécanismes et de leviers pour contrer ces menaces à la sécurité. Les discussions approfondies et les échanges d'expériences et de points de vue qui ont suivi les exposés ont permis aux participants d'identifier les principaux défis et approches à adopter pour faire face aux menaces à la sécurité environnementale.

Tous les participants partageaient l'idée que les différentes menaces sont liées entre elles et que les causes du changement climatique, par exemple, sont multiples, les gaz à effet de serre contribuant particulièrement au réchauffement climatique. Pour contrer les nouvelles menaces, il faut donc que les acteurs locaux, nationaux, régionaux et internationaux adoptent une approche globale et intégrée visant à la fois à s'attaquer aux problèmes à leur source et à en atténuer les effets sur la sécurité. Soulignant l'interdépendance et la nécessité non seulement de guérir les symptômes, mais aussi de s'attaquer aux causes profondes des diverses menaces à la sécurité, les recommandations des différents groupes d'étudiants avaient en commun les exigences ci-après :

  • Les pays développés, qui sont parmi les principaux émetteurs de dioxyde de carbone, doivent récupérer les traités internationaux existants comme l'Accord de Paris et mettre en œuvre leurs spécifications ;
  • Les organisations et les Etats africains devraient collaborer et mutualiser leurs stratégies de sécurité en mettant en œuvre une législation sur les émissions de gaz à effet de serre afin d'atténuer l'ampleur du changement climatique ;
  • Les États africains doivent renforcer la résilience et l'adaptabilité de leur population afin de réduire les dommages causés par des situations défavorables ;
  • Chaque participant doit reconsidérer son mode de vie car des petits pas comme le covoiturage peuvent avoir un impact sur le réchauffement climatique, lorsque de nombreuses personnes y participent.

Un deuxième atelier aura lieu le 27 novembre 2018, au cours duquel les étudiants développeront l'impact de la médiation sur la sécurité, en se concentrant sur les approches des différents acteurs à de multiples niveaux, y compris les ONG, la société civile et la sphère gouvernementale.

Friedrich-Ebert-Stiftung
Paix et Sécurité Centre de Compétence Afrique Subsaharienne

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